Bonjour,
Très heureux de découvrir cette fonctionnalité fort utile, d'autant plus que j'avais été à l'époque un de ceux qui avait pinaillé pour que l'inertie soit mieux prise en compte... mais bien sûr, j'ai une remarque à faire (on ne se refait pas, je suis un emmerdeur

)
J'ai fait quelques essais avec un petit projet à forte inertie : une cantine scolaire de 140 m² sur terre-plein isolé en périphérie, de conception fortement bioclimatique, donc un couple inertie de stockage/captage très optimisé. Pour prendre en compte l'effet inertiel du terre-plein, j'ajoute dans la composition du sol 300 cm de terre, puis hérisson de calcaire, dallage béton+carrelage.
J'ai ensuite fait tourner la simulation (fichier météo Montélimar) avec 12 variantes pour obtenir la consommation globale du projet:
- Mise en température de 0 semaines, simulation du 01/01 au 31/12 : 1132 kWh
- Mise en température de 2 semaines, simulation du 01/01 au 31/12 : 1058 kWh
- Mise en température de5 semaines, simulation du 01/01 au 31/12 : 1023 kWh
- Mise en température de 8 semaines, simulation du 01/01 au 31/12 : 980 kWh
- Mise en température de 9 semaines, simulation du 01/01 au 31/12 : 974 kWh
- Mise en température de 10 semaines, simulation du 01/01 au 31/12 : 857 kWh
- Mise en température de 2 semaines, simulation du 17/09 au 16/09 : 850 kWh
- Mise en température de 2 semaines, simulation du 17/09 au 16/09 : 830 kWh
- Mise en température de 8 semaines, simulation du 17/09 au 16/09 : 820 kWh
- Mise en température de 8 semaines, simulation du 17/09 au 16/09 : 801 kWh
- Mise en température de 9 semaines, simulation du 17/09 au 16/09 : 800 kWh
- Mise en température de 10 semaines, simulation du 17/09 au 16/09 : 812 kWh
Remarque 1 : il semblerait qu'il faille privilégier le démarrage des simulations en inter-saison (ici début d'automne) plutôt qu'au 1er janvier. Ce qui est logique, la température extérieure moyenne étant proche de la température de confort recherchée.
Remarque 2 : même au bout de 10 semaines, il se passe encore des choses, pas du tout négligeables pour les simulations débutant le 01/01, et plus anodines, semble-t-il, pour les simulations démarrant en inter-saison. On pourrait imaginer que la période de mise en température de X semaines permette de tendre asymptotiquement vers une valeur limite, plus X augmente. Mais l'évolution de la consommation peut repartir à la hausse même après 10 semaines de mise en t°, et la courbe en question ne présente pas une décroissance régulière.
Conclusion : pour ce type de bâtiment, l'influence de la météo au bout de 10 semaines n'est pas négligeable. A cause (ou grâce) à une inertie très importante (ici plusieurs centaines de tonnes) elle peut être ressentie avec plusieurs mois de décalage.
Rien de très étonnant en fait : ceux qui se sont intéressé de près au stockage inter-saisonnier passif, qui ne peut se faire que par l'intermédiaire d'un terre-plein ou de murs stockeurs enterrés, savent que les temps de réponses sont très longs. Mon expérience personnelle m'a amené à la conclusion, très empirique mais vérifiée de nombreuses fois, que l'équilibre n'est atteint qu'après plusieurs mois, voire même plus d'un an.
Ma question est donc : la limitation à 10 semaines est-elle difficile à faire sauter dans P+C ?
Si c'est techniquement possible, pourquoi ne pas permettre de pousser à 52 ? Ce qui permettrait notamment de voir ce qui se passe
réellement dans les cas où l'inertie est très importante : en gros cela permet de simuler le comportement du bâtiment après 1 an de fonctionnement, une fois les plâtres bien essuyés.
Pour déborder un peu du sujet : l'inertie est un sujet complexe souvent mal appréhendé par les logiciels de STD. Les zones d'éclairement des baies jouent par exemple un rôle fondamental lorsque l'on est sur terre-plein. Comment est pris en compte ce phénomène dans P+C ? Si on considère seulement que le captage solaire à travers les baies chauffe l'air de la zone, qui lui-même chauffe par échange convectif le sol... l'approximation sera à mon avis pénalisante dans ce cas de figure => plus de surchauffes, moins de stockage, donc besoins en chauffage accrus et puissance de chauffe supérieure à la réalité.