1- En bref
Je suis régulièrement confronté à une situation qui compromet la crédibilité de la profession, la maîtrise de l’impact environnemental des bâtiments, et le sens du métier :
Avoir à apposer une étiquette verte sur des bâtiments à l’impact environnemental désastreux.
Je soumets donc ce sujet à discussions, avec pour premières questions :
- Etes-vous aussi confronté·es à cela ? Connaissez-vous des cadres de discussions sur le sujet ?
- Comment y apporter une réponse collective ?
2- Plus spécifiquement
Dans le cas le plus récent on me demande de justifier de l’”excellence environnementale” d’un parking monumental en béton armé visant à accueillir les jeux olympiques et paralympiques (JOP) 2030 dans une station régulièrement épinglée pour ses impacts environnementaux désastreux.
Ce cas illustre des problèmes récurrents :
- La demande d’affichage sans recherche de légitimité
Ici on demande une allégation sur mesure (« excellence environnementale ») là où on peine à respecter la réglementation. Par exemple l’obligation de solarisation ou végétalisation du bâtiment, a jusqu’à présent toujours été écartée d’office par l’ensemble MOE+MOA ; On a du mal à respecter le Ic_construction en vigueur.
Cet affichage sans légitimité est permis par : - La profusion de référentiels, labels : RE2020 seuil 20XX, HQE, BDx (Batiment Durable Méditerranéen, Occitan, Francilien, bientôt AURA, …), BREEAM, …
Ici c’est une appellation qui semble créée pour l’occasion (« excellence environnementale »). La profusion de marques est une méthode éprouvée pour rendre le sujet illisible du grand public [lien_externe_1].
Des référentiels qui ne garantissent pas le respect de mesures élémentaires (dans le cas présent l’ensemble MOE+MOA refuse l’obligation de solarisation ou végétalisation du bâtiment). - Des MOE, MOA complaisants,
Ici nous sommes payés pour dire que ce blockhaus est un éco-bâtiment.
Et simplement : - Les bâtiments qu’on ne construirait pas, si l’impact environnemental était une préoccupation
Ici c’est un parking qui vise l’excellence environnementale, parfois le siège social d’une compagnie d’autoroute qui vise le label HQE, et maintenant Certivea propose même de certifier des datacenters à Haute Qualité Environnementale [lien_externe_2]
Comme je ne trouve que très peu d’articles ou discussions publiques sur le sujet, c’est un peu une bouteille à la mer sur ce forum, mais si vous connaissez des canaux de discussions plus adaptés, n’hésitez pas !
Merci pour votre lecture, et au plaisir de vous lire.
Liens externes :
- [lien_externe_1] La profusion qui crée la confusion, illustration avec les aides à la rénovation : en 2025 encore, l’UFC Que Choisir juge les aides « illisibles » et demande « La mise en place d’un guichet unique pour toutes les aides » :
https://www.quechoisir.org/action-ufc-q ... e-n166344/
Aussi mentionnée dans le guide anti-greenwashing de l’ADEME : « En 2024, plus de 350 labels ont été recensés par l’ADEME sur les produits de consommation courante. Parmi eux, on compte différents types de labels, qu’il est facile de confondre ou de mal interpréter leur signification. ». Ce guide condamne par exemple les faux labels et fausses cautions p.32 : https://communication-responsable.ademe ... nwashing - [lien_externe_2] Des datacenters à haute qualité environnementale : https://www.batiweb.com/actualites/deve ... ters-48020 ; https://certivea.fr/wp-content/uploads/ ... nters.pdf